Le monoxyde de carbone est un gaz toxique, inodore et incolore, que peut produire tout appareil de chauffage à combustion mal entretenu, mal réglé ou mal ventilé. Maux de tête, nausées, fatigue ou vertiges touchant plusieurs occupants doivent faire penser à une intoxication. Dans ce cas, il faut aérer, arrêter les appareils, sortir du logement et appeler le 15, le 18 ou le 112.

Sommaire de l'article
  1. Pourquoi le monoxyde de carbone est si dangereux
  2. Les symptômes qui doivent alerter
  3. Ce que l'entretien annuel vérifie
  4. Les gestes de prévention au quotidien

Pourquoi le monoxyde de carbone est si dangereux

Le monoxyde de carbone, souvent abrégé en CO, se forme lors d'une combustion incomplète. Selon l'Agence régionale de santé d'Île-de-France, tous les appareils de chauffage à combustion peuvent en produire, surtout lorsqu'ils sont anciens, mal entretenus, mal réglés ou utilisés dans de mauvaises conditions de ventilation.

Ce gaz est inodore et incolore, ce qui le rend indétectable sans appareil de mesure. Il peut faire perdre connaissance en quelques minutes à forte dose, et provoquer une intoxication plus insidieuse lorsqu'il est respiré à faible dose de façon répétée.

Grille d'aération blanche fixée au mur d'un logement

Les symptômes qui doivent alerter

Les signes d'une intoxication sont trompeurs, parce qu'ils ressemblent à ceux d'une fatigue ou d'un virus. L'ARS d'Île-de-France cite les symptômes suivants :

  • des maux de tête, de la fatigue et des nausées ;
  • des vomissements et des troubles de la vision ;
  • dans les formes graves, une perte de connaissance ou un coma.

Un indice doit particulièrement alerter : des symptômes qui touchent plusieurs personnes du même logement en même temps, ou qui s'atténuent lorsque l'on quitte les lieux. Dans ce cas, appliquez sans attendre les consignes de l'encadré ci-dessus.

Ce que l'entretien annuel vérifie

L'entretien annuel obligatoire comprend une mesure du taux de monoxyde de carbone lié à la chaudière. Service-Public précise les seuils retenus : en dessous de 10 ppm, la situation est normale ; entre 10 et 50 ppm, elle est anormale et appelle des investigations sur le tirage et la ventilation ; à partir de 50 ppm, la chaudière doit être arrêtée jusqu'à sa remise en état.

Le résultat de cette mesure figure sur l'attestation remise après la visite. Le contenu complet de cette visite est décrit sur la page entretien de chaudière, et l'obligation qui la fonde dans le guide sur l'entretien obligatoire.

Les gestes de prévention au quotidien

L'entretien ne suffit pas si la ventilation du logement est entravée. Quelques réflexes simples limitent le risque entre deux visites :

  • ne jamais obstruer les grilles d'aération ni les entrées d'air ;
  • aérer le logement chaque jour, même en hiver ;
  • ne jamais utiliser un appareil de chauffage d'appoint à combustion en continu ;
  • signaler toute trace noire, flamme anormale ou odeur inhabituelle près de la chaudière.

Détecteur, chaudière éteinte, mesure du CO : ce qu'il faut savoir sur l'intoxication

Le monoxyde de carbone inquiète à juste titre. Ces réponses précisent le rôle du détecteur, celui de l'entretien et les situations qui demandent une vigilance particulière.

Une chaudière éteinte peut-elle produire du monoxyde de carbone ?

Le monoxyde de carbone se forme pendant la combustion, donc lorsque l'appareil fonctionne. Si des symptômes apparaissent alors qu'un appareil à combustion fonctionne dans le logement, appliquez les consignes d'urgence sans chercher à identifier vous-même l'appareil en cause.

Un détecteur de monoxyde de carbone remplace-t-il l'entretien ?

Non. Un détecteur alerte quand le gaz est déjà présent dans le logement, alors que l'entretien vise à éviter qu'il soit produit. Les deux démarches se complètent et ne se remplacent pas.

Que mesure le professionnel lors de l'entretien ?

Il mesure le taux de monoxyde de carbone lié à la chaudière. Selon Service-Public, une valeur inférieure à 10 ppm est normale, une valeur entre 10 et 50 ppm demande des investigations, et une valeur de 50 ppm ou plus impose l'arrêt de la chaudière.

Les femmes enceintes sont-elles plus exposées ?

Oui. L'Agence régionale de santé d'Île-de-France souligne la vulnérabilité particulière du fœtus. Chez une femme enceinte, des signes même mineurs justifient un avis médical rapide en cas de suspicion d'intoxication.